A quoi sert la Fashion Revolution Week ?

Quelle est l'origine de la Fashion Revolution Week ? Eclairage sur le collectif Fashion Revolution et ses actions !

MODE ÉTHIQUE ECONOMIE CIRCULAIRE

stephanie

4/18/2022 4 min read

Le Fashion Revolution Day -devenu Fashion Revolution Week- a été lancé par Carry Somers, la créatrice britannique de la marque équitable Pachacuti, en souvenir de l'effondrement de l’usine de confection textile du Rana Plaza, au Bangladesh en 2013.

Les causes de l'accident du Rana Plaza

Dans le contexte de la mondialisation de la chaine de production du textile et de la Fast Fasion, le 24 avril 2013 s’effondrait à Savar, dans la banlieue de Dhaca, au Bangladesh, le Rana Plaza, un immeuble de 8 étages abritant des commerces, des appartements, une banque et divers ateliers de confection. La veille, des fissures avaient été repérées sur le bâtiment qui avait été évacué, mais les ouvriers des ateliers avaient ensuite été sommés de reprendre leur poste de travail. Ainsi, parmi les 3 122 ouvriers présents ce jour-là, 1 138 ouvriers trouvèrent la mort dans l’accident, désormais reconnu comme le plus mortel de l’industrie du textile.

Parmi les causes de l’accident sont cités :

  • la construction du bâtiment sur un marais, compromettant l’intégrité de la structure.

  • L'immeuble, initialement construit à des fins commerciales, avait progressivement accueilli des ateliers de confection, et s’était élevé de 3 étages de plus que les 5 initiaux sans permis de construction et sans être consolidé. Un neuvième étage était d'ailleurs en construction.

  • Les matériaux de construction utilisés étaient en dessous des standards.

gravats - effondrement

Tous ces éléments mettent en exergue les pratiques douteuses du propriétaire du bâtiment, ainsi que celles de l’administration de Savar.

Mais au-delà de ces aspects, c’est la combinaison des conditions extrêmement précaires des travailleurs couplées à l’implication de diverses marques textiles de renommée internationale, parmi lesquelles Benetton (Italie), Bonmarche (UK), Cato Fashions (USA), The Children's Place (USA), El Corte Ingles (Espagne), Joe Fresh (Loblaws, Canada), Kik (Allemagne), Mango (Espagne), Matalan (UK), Primark (UK/Irlande) et Texman (Danemark) , qui a choqué le monde entier et fait de cet accident un événement décisif dans le monde du textile.

La révolution du textile est-elle en marche ?

La catastrophe du Rana Plaza n’était pas la première du genre, et depuis lors, plus d’une centaine d’accidents (moins spectaculaires mais tout aussi mortels) ont eu lieu, dont le tiers dans le secteur du textile. Mais le Rana Plaza a joué un rôle de catalyseur car en montrant du doigt des marques mondialement connues, il a réveillé le monde occidental et révélé le côté obscur de notre consommation. Consommateurs, industriels, gouvernements, tout le monde a sa part de responsabilité...

Plusieurs mouvements de consommateurs sont nés de l’accident : #whomademyclothes, le collectif #fashionrevolution, qui a pour objectif de mettre la pression sur les marques pour plus de transparence dans leur chaine d’approvisionnement, ou encore le réseau Clean Clothes Campaign qui œuvre pour l’amélioration des conditions de travail des salariés de l’industrie du textile.

Fashion Revolution Week

En réaction à l’émotion populaire internationale, les marques, distributeurs, fabricants et gouvernements ont multiplié les promesses qu’un tel drame ne se reproduirait plus.
Dans les mois qui ont suivi la catastrophe, des accords ont été signés, tels que l’« Accord on Fire and Building Safety », nommé ACCORD , visant à responsabiliser les marques textiles qui fabriquent au Bangladesh sur les conditions de sécurité des travailleurs, et les multinationales se sont engagées à mieux identifier leur chaîne d’approvisionnement.

Consommer mieux !

Force est de constater, 9 ans plus tard, que, si évolution il y a eu, le collectif Fashion Revolution a encore toute sa raison d'être. La Fashion Revolution Week est relayée dans une cinquantaine de pays et permet de sensibiliser tous les acteurs et les consommateurs aux conditions de fabrication de leurs vêtements.
Cette année, la Fashion Revolution Week se déroulera du lundi 18 au dimanche 24 avril 2022. A cette occasion des conférences mais aussi des ateliers ouverts au public sont organisés pour sensibiliser le plus grand nombre aux impacts de nos vêtements et aux solutions qui existent pour consommer moins mais mieux : www.fashionrevolution.org/europe/france

L'édition 2022 a comme thème "Money Fashion Power", une façon de rappeler aux différents acteurs du secteur textile qu'il n’existe pas de mode durable sans salaire équitable ! Du côté des consommatateurs, que payons-nous réellement ? En effet, les étiquettes de prix ne reflètent pas vraiment le coût réel, social et environnemental, de la production. Un des objectifs de cette Fashion Revolution Week est donc de nous sensibiliser sur la valeur réelle de ce que nous achetons et portons.

En tant que consommateur, comment participer à cette révolution ?

Tout d'abord en lisant attentivement les étiquettes de vos vêtements pour connaître le pays de fabrication des vêtements, et en questionnant nos marques préférées : qui a fabriqué le vêtement ? Comment ? Dans quelles conditions ? Mais aussi en préférant des modes de consommation plus sobres et en privilégiant le réemploi des vêtements (avec notre service d'échange par exemple) et le surcyclage des vêtements.

Si vous souhaitez approfondir ces questions, n'hésitez pas à vous référer également à notre article sur la mode éthique et équitable pour vous repérer dans les labels et faire des choix éclairés.

Ensemble, consommons mieux !